« METROÏSATION » DE BRUXELLES : UNE NECESSITE OU UNE VOLONTE POLITIQUE?

Ce lundi 26/11/2018, une réunion d’informations était organisée par la STIB en présence du ministre de la Mobilité et du bourgmestre de la ville de Bruxelles dans le cadre de l’enquête publique concernant le futur métro 3. 

Dans un premier temps, les ingénieurs nous ont expliqué les différents phasages que la STIB souhaiterait mettre en place lors de cet éventuel chantier. Au passage, on nous annonce que le projet pour lequel nous étions invités ne s’appelle plus « Constitution » mais « Toots Thielemans »!

Dans un second temps, 4 tables où trônaient les plans nous attendaient avec l’équipe de la société de transport et nous étions invités à y poser nos questions. Mais à leur grand étonnement, la volonté du public était diamétralement différente de la leur. Le public a exigé de pouvoir poser ses questions aux vues et aux oreilles de tous. Les organisateurs de cette rencontre ont dû céder à cette demande contre leur volonté première.

Le représentant des commerçants de l’avenue Stalingrad s’est indigné de la manière dont était traité le devenir des commerces et des commerçants pendant ce chantier. Effectivement, la volonté de la STIB est de collaborer avec un panel de commerçants et tout usager qui le souhaite durant ce chantier afin de penser et/ou repenser à certaines alternatives à mettre en place pour ne pas les léser pendant toute la durée du projet. 

Ces réunions se tiennent tous les deuxièmes lundis du mois. Ces échanges de questions-réponses ont mis le projecteur sur énormément de points qui ne sont pas repris ou peu dans le rapport d’incidence et qui auront un impact peut être fatal sur les commerces et la vie du quartier. Les commerçants mentionnent que des caves seront réquisitionnées pour les travaux de soutien du Palais du Midi entre autre. Un commerçant a déjà reçu un avis d’expulsion en juin dernier et aucune indemnité ou presque n’est prévue pour dédommager les commerçants des manques à gagner  pendant le chantier. 

L’ARAU ainsi que d’autres associations avaient introduit (lors de l’enquête publique précédente) des remarques et ils avaient demandé que d’autres pistes de rationalisation et d’exploitation des transports en communs (essentiellement des trams) soient explorées. 

La STIB ainsi que les représentants politiques affirment avoir pris connaissance de ces remarques et qu’ils en prirent toute la considération mais que la meilleure solution pour Bruxelles, Capitale de l’Europe est le métro 3 qui est essentiel.

En résumé, le ressenti du public était : vous n’avez rien à dire et nous dirigeons !!!

Et en effet la position politique avancée est la suivante : c’est le 3ème gouvernement qui marque son accord pour ce projet. Le gouvernement est représenté par des élus et de ce fait le peuple est d’accord avec toutes leurs décisions. Cette enquête publique ressemble à une mascarade car le projet est ficelé et va commencer en février 2019 avec ou sans l’accord des électeurs. 

Cette enquête publique ainsi que la future commission de concertation (du 19/12/2018) ne sont organisées que pour respecter les procédures d’octroi de permis pour qu’aucune attaque en justice ne puisse être introduite pour cette raison.

Il semble que la volonté politique ne soit pas de rejoindre « rapidement » le nord de Bruxelles avec le sud, mais de faire s’effondrer certains types de commerces qui se trouvent dans ces quartiers populaires comme à l’avenue Stalingrad, boulevard du Midi, place Liedts (accès à la rue de Brabant) ainsi que le square Riga (accès aux boutiques de la chaussée d’Helmet) et de fait, en éloigner leurs potentiels clients. 

Les magasins vont se vider à cause des faillites à prévoir et vu la durée du projet, ils laisseront la place à un nouveau style de commerces et de clientèle et par la même occasion, augmenter les loyers dans ce quartier.

Ce projet qui nous promet de créer du lien va plutôt créer une gentrification et amplifier la crise du logement à Bruxelles en plus de défigurer de beaux endroits de notre capitale.
Malheureusement, les anciennes revendications et affiches d’anciennes actions du Codes sont toujours d’actualité.

Nous les avons ressorties pour en faire la couverture de ce dernier numéro du Saint-Gilles-Midi afin de souligner ce sempiternel désaccord avec les projets de la STIB qui ne tiennent pas compte de l’avis des riverains et des besoins de leurs voyageurs.

 

Pour plus d’informations au sujet du projet : www.metro3.be

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